Quelques remarques (en italique) concernant les préconisations, émises par la convention citoyenne sur les temps scolaires, ci-dessous énumérées :
« Restructurer les rythmes scolaires et repenser l’organisation de l’école.
La convention citoyenne préconise une transformation globale des temps de l’enfant et propose de :
- Alléger les journées en décalant l’heure de début des cours à 9h pour les adolescents, »
A condition que les jeunes aient compris l’importance de la durée du sommeil nocturne dans l’efficacité de leur travail scolaire
- « Améliorer la qualité de la pause méridienne et l’allonger à une durée d’1h30, »
Améliorer la qualité de la pause, c’est permettre aux élèves de récupérer des ressources pour continuer leur travail scolaire l’après-midi et non en les engageant dans des activités périscolaires qui vont les épuiser. Pour certains, c’est dormir car les horloges biologiques de chacun grandissent à une vitesse qui lui est propre.
Allonger la pause méridienne à condition que les espaces et le personnel le permettent afin que chaque enfant vive des réalités en fonction de ses besoins propres
- « Faire majoritairement les devoirs à l’école dans des espaces aménagés, »
Sous réserve qu’il y ait du personnel pour les encadrer. Et que les encadrants aient une connaissance des savoirs neuroscientifiques sur la meilleure efficacité pour apprendre c’est-à-dire mettre en mémoire. Une bonne stratégie c’est d’apprendre à haute voix. Est-ce compatible avec les espaces qui seront imposés aux enfants pour apprendre leurs leçons ?
Il est bien connu que la meilleure efficacité pour apprendre c’est d’apprendre le soir où le cours a été donné. Plus on multiple les champs de savoirs scolaires abordés dans une journée moins cette stratégie qui s’est démontrée la plus efficace ne pourra pas être mise en place par les élèves. Cette remarque concerne surtout les collégiens et les lycéens en raison de la quantité de travail-maison qu’il leur est demandé de faire.
- « Passer à une semaine d’enseignements sur cinq jours, du lundi au vendredi, »
Oubliée la pause du jeudi qui permettaient aux enfants d’être accueillis dans des centres de loisirs et aux enseignants de préparer leurs cours ? Le long week-end qui fait rupture dans les apprentissages est privilégié par rapport au travail scolaire le samedi. Cette modalité, qui offrait aux élèves un temps plus long sur la semaine pour avoir le temps de comprendre, semble définitivement banni. Dommage pour l’efficacité de notre école publique.
- « Etablir un socle commun d’apprentissages élargi qui articule savoirs théoriques le matin et pratiques l’après-midi (pédagogie de projet, ateliers portant sur la vie quotidienne, bricolage, cuisine, couture, gestion du budget, éducation à la citoyenneté, activités culturelles et sportives), »
Là c’est tout faux. Voir les travaux des psychologues, biologistes, chronobiologistes et neuroscientiques qui ont démontré la variabilité diurne des capacités cognitives du cerveau humain, enfant ou adulte.
- « Réviser le calendrier scolaire en deux zones de vacances, avec un rythme plus équilibré de 7 semaines de cours pour 2 semaines de repos, »
Bravo, enfin on prend en compte les travaux de recherche de l’équipe de recherche de H Montagner qui date des années 1983. Mais, par expérience, je sais que le lobby du tourisme va s’y opposer et qu’il sera satisfait.
- « Inscrire les établissements scolaires au sein de « campus des jeunes », qui sont des lieux de vie polyvalents et flexibles, intégrant espaces verts et équipements variés. Ils permettent d’accueillir et d’accompagner l’enfant dans tous les moments de sa vie : restauration, pause, temps calmes, temps de jeux, activités et apprentissages, sociabilité, devoirs ou encore les temps dédiés à l’orientation ou à la prise en charge de la santé de l’enfant, »
Le meilleur moyen de désacraliser l’Ecole et d’abandonner définitivement les missions de l’Ecole de la république.
- « Ouvrir les espaces et équipements des établissements scolaires, à l’exception des salles de classe, à travers un accord cadre de mutualisation des locaux. »
Et où les enseignants vont-ils mettre les objets répartis dans la classe en fonction des projets pédagogiques dans lesquels ils font travailler leurs élèves ?
Mutualiser les espaces classes danger pour l’efficacité du travail scolaire des élèves. Est-ce cela le but de la préconisation proposée ?