Tout aménagement, qu'il soit organisationnel, pédagogique, didactique ou autre, interroge l’ergonomie. L’approche ergonomique des conditions de vie et de travail scolaire est réaliste et ne peut limiter aux effectifs d’élèves par classes - même si cet élément est important et évoqué quasiment par tous les enseignants comme étant très limitant - les facteurs qui permettent à tous les élèves d’apprendre. Ceux qui favorisent l'équilibre dans lequel les élèves doivent être, sont multiples. Un équilibre biologique est nécessaire comme avoir bien dormi, avoir pris un vrai petit déjeuner, etc. Un équilibre psychologique et émotionnel est tout aussi indispensable comme être confiant dans sa capacité à être un élève efficace, avoir des espaces de calme durant la journée de classe, etc. Enfin et avant tout avoir des outils pour comprendre et apprendre qui correspondent aux compétences méta-cognitives si souvent trop peu explicitées dans les objectifs pédagogiques qui définissent le contenu des séances..
Certes, le nombre d’élèves par classe devrait réduire les nuisances sonores - dont se plaignent tant les élèves -. Il devrait permettre aux enseignants d’ être plus à l’écoute de chacun. Il devrait donc améliorer les conditions de travail pour tous....
Mais que deviennent ces conditions de travail quand les espaces ont été réduits et que les modalités pédagogiques indispensables, comme le travail en ateliers ou en groupes, ne peuvent plus être mises en place?
Mais que deviennent-elles quand les cloisons mises en place dans l’urgence ne sont plus des barrières sonores entre les classes?
Ces constats mettent l’accent sur les réalités très souvent constatées par les ergonomes qui soulignent l’écart entre travail théorique et travail réel et la singularité de chaque établissement. Ils expliquent qu’une directive nationale comme celle de dédoubler les classes peut, dans un certain nombre d'écoles, améliorer les conditions de travail pour les élèves et les enseignants mais dans d’autres écoles, au contraire, les détériorer.
A quand une approche globale ergonomique des conditions de vie et de travail des élèves et des enseignants?